homélie

Dimanche  1  Février   2026, 4e dimanche TO

(So 2,3 ; 3,12-13)  (1 Co 1,26-31)  (Mt 5,1-12a)

L’évangile d’aujourd’hui nous donne le début du discours sur la Montagne où Jésus présente

son programme ainsi que les dispositions nécessaires pour entrer dans le Royaume. Première indication : ils sont heureux ceux qui entrent dans le Royaume ! Le but de notre Dieu qui est un père, c’est que ses enfants soient heureux. Avis à tous ceux qui pensent que la religion, c’est l’austérité, l’ascétisme, la rigidité et qu’un bon croyant doit toujours faire « une tête de carême sans Pâques » comme disait le pape François. Mais, deuxième indication : les modèles de bienheureux que nous présente l’évangile : des gens qui pleurent, qui sont persécuté ou insultés ne correspond guère à l’image que nous nous faisons des gens heureux. Dans notre monde de compétition, où la concurrence est rude, les doux, les pacifiques, les miséricordieux ne font pas partie des modèles qu’on propose d’imiter. Que veut donc nous dire le Seigneur ?  Examinons la première béatitude qui est la plus fondamentale de toutes ;

Bienheureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux. Qu’est-ce que c’estun pauvre de cœur ? Ce n’est pas un pauvre au plan de l’avoir, qui n’ a pas d’argent, qui n’a pas de maison,  qui n’a pas de voiture, qui n’a pas de vêtements convenables, ce n’est pas non plus quelqu’un qui n’a pas d’instruction ni d’éducation, ce n’est pas d’avantage quelqu’ un qui n’a pas une situation en vue dans la société, c’est quelqu’un qui est pauvre au plan de l’être moral et spirituel, quelqu’un qui n’arrive pas à aimer sa femme, son mari, ses enfants comme il voudrait, qui n’arrive pas à être honnête comme il voudrait. Malgré la richesse, l’instruction ou la culture qu’il peut avoir, il se rend compte, comme St Paul : le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais, malheureux homme que je suis (Rom.7,19,24)dit la traduction française  de la Bible, mais  la traduction malgache est plus éclairante  qui dit hélas, je suis pauvre .

Mais pourquoi le fait d’être pauvre va-t-il me rendre heureux ?  Normalement je devrais me sentir malheureux en constatant que je n’arrive à rien par moi-même. En fait, me sentant pauvre, je vais ressentir vivement le besoin de l’aide de Dieu et je vais me tourner vers lui pour obtenir son appui. Et comme notre Dieu est un Père aimant, il va me tirer d’affaire. Moi je suis pauvre et malheureux dit le Ps 40, mais le Seigneur pense à moi. Il se trouve que les pauvres de cœur sont les préférés du Seigneur. Il nous le disait déjà dans Isaïe :Le ciel est mon trône et la terre mon marchepied, mais celui sur lequel je jette les yeux, c’est le pauvre et le cœur contrit. (Is 66,8) Voilà que les pauvres de cœur qui devraient être malheureux parce qu’ils n’arrivent à rien, se retrouvent bienheureux parce que dans leur malheur ils se sont tournés vers Dieu qui leur a donné cc que ni les richesses,  ni le savoir, ni une bonne réputation  pourraient leur donner. Que je sois pauvre, que je n’arrive à rien par moi-même, qu’est-ce que ça peut faire, puisque Dieu est avec moi, qui m’aide. Comme St Paul, tout heureux je dis : Je peux tout en Celui qui me fortifie. (Phil 4,13) Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort (2Co 12,10) Le pauvre de cœur n’est pas heureux parce qu’il est pauvre mais parce que sa pauvreté l’a conduit à se tourner vers Dieu qui le comble bien au-delà de ce de ce que les richesses de la terre pourraient lui apporter.

Il y a là un paradoxe étonnant : la pauvreté qui est un mal, que ce soit la pauvreté matérielle ou spirituelle (personne ne souhaite à ceux qu’il aime d’être pauvres) peut avoir des effets secondaires positifs. Et le plus important de ces effets secondaires positifs c’est qu’elle nous ouvre à Dieu, source de tout bien, qui veut rassasier ses fidèles, ne leur laissant rien à  regretter ni personne à envier. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif. (Jean 6,35) Tandis que la richesse qui est un bien, tant la richesse matérielle que la richesse spirituelle, peut avoir des effets secondaires négatifs : les riches, comme ils peuvent avec leur agent satisfaire presque tous leurs désirs, sont tentés de croire qu’ils n’ont besoin de rien ni de personne et surtout pas de Dieu. Leur cœur épaissi se ferme, dit le psaume 16, aussi bien aux autres qu’à Dieu, le Christ dira qu’il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des cieux. (Mt.19,24)

Voilà pourquoi la pauvreté de coeur n’est pas une qualité qu’on peut avoir ou ne pas avoir pour entrer dans le Royaume. C’est une qualité indispensable, absolument nécessaire, parce qu’elle nous ouvre à Dieu, qui dans son amour veut partager avec nous tout ce qu’il a et tout ce qu’il  est. C’est pourquoi le Christ place la pauvreté en tête des qualités qu’il faut avoir pour entrer dans le Royaume de cieux. Les pauvres de cœur ne sont pas bienheureux parce qu’ils sont pauvres, mais parce que leur pauvreté leur fait retrouver Dieu source de tout bien qui les enrichit. De même, ceux qui pleurent  ne sont pas bienheureux parce qu’ils pleurent mais parce que, n’étant pas satisfaits de ce que le monde peut leur offrir, ils cherchent autre chose et se tournent vers Dieu. De même encore, ceux qui ont faim de soif de justice sont heureux parce que insatisfaits de la justice des hommes, ils aspirent à une justice que seul Dieu peut leur offrir.

Autrement dit l’attitude de base pour suivre le Christ et entrer dans le Royaume, c’est d’être un homme de désir qui n’est pas satisfait avec les biens de la terre, qui trouve qu’il n’arrive pas à être comme il voudrait, qui cherche mieux et qui, plus ou moins consciemment pense comme St Augustin : Tu nous as faits Seigneur pour Toi et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en Toi.

Que retenir de tout cela ?

Dispositions à avoir pour entrer dans le Royaume : avant tout il faut être pauvre de cœur. Le pauvre de cœur, c’est celuiqui est pauvre au plan moral et spirituel. Quelles que soit sa richesse matérielle, sa réputation ou sa culture,  il n’arrive pas à faire le bien qu’il aime et il fait le mal qu’il n’aime pas. Heureux celui-là ! Il a de la chance ! Parce que dans son malheur, il va se tourner vers Dieu pour demander de l’aide. Et cela tombe bien parce que justement, Dieu est un Père aimant qui n’a qu’une idée ; le bonheur de ses enfants, partager avec eux tout ce qu’il a et tout ce qu’il est. Il sait de quoi nous avons besoin avant que nous ne lui demandions (Mt. 6, 8)  Le ciel est son trône et la terre son marchepied, mais celui vers lequel il porte les yeux, c’est le pauvre et le cœur contrit…(Isaïe 66,8) Il va donc sauver ce malheureux qui n’arrive à rien par lui-même.

A qui s’adresse ce discours ? A ceux qui ont envie de quelque chose qu’ils n’ont pas. Heureux ceux qui ont envie d’autre chose ! Si vous êtes des satisfaits, des repus, ce n’est pas pour vous.

Mais si vous avez envie d’autre chose, venez ! Si vous n’êtes pas satisfaits de ce que vous êtes, si vous avez envie d’être mieux, alors, c’est pour vous, ce discours là… Il me semble qu’à travers ces béatitudes, le Seigneur veut nous dire : tant mieux si vous n’êtes pas heureux avec ce que le monde peut vous offrir et si vous vous tournez vers moi, parce que, justement, je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. (Jean 10,10)

Dimanche 25 Janvier 2026

(Isaïe 8,23b-9,) (1Cor.1,10-13,17) (Mt. 4, 12-23)

Cette page d’évangile nous rapporte les débuts du ministère de Jésus et l’appel des premiers apôtres. JB vient d’être arrêté par Hérode à qui il reprochait sa conduite . Jésus, voyant sa sécurité menacée se retire près de la mer de Galilée où il commence à prêcher « Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est tout proche ». Voyant deux pêcheurs, Pierre et André, qui jetaient leurs filets dans la mer, il leur dit : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Aussitôt laissant leurs filets, ils le suivirent.

Comment se fait-il qu’ils prennent une décision si soudaine ? Ils ont une famille, un métier, une barque, des filets. Ils sont là en train de pêcher quand Jésus arrive avec un certain nombre de gens qui l’accompagnent. Pierre et André les voient venir. Ils n’interrompent même pas leur travail. Mais dès que Jésus leur dit : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d’hommes », ils laissent leur barque et leurs filets et partent avec lui. Pour prendre une décision aussi brusque, il faut qu’ils aient déjà entendu parler de Jésus et de son enseignement. Plus tard on dira : Jamais homme n’a parlé comme cet homme (Jean, 7,46) Cela a dû les remuer jusqu’au plus profond d’eux-mêmes. Et quand Jésus les a appelés, cela a déclenché leur décision. Pour ceux qui sont appelés par le Seigneur, l’appel est ressenti comme quelque chose qui les atteint profondément, quelque chose d’attirant, quelque chose qui les comble, en apportant paix et sérénité, quelque chose d’envoutant ; on ne peut pas s’en débarrasser, on est irrésistiblement entraîné, Ceux qui sont appelés par le Seigneur ont le sentiment d’être séduits. Le prophète Jérémie en témoigne dans des termes particulièrement émouvants. Le Seigneur l’envoyait annoncer que des épreuves et des malheurs, aussi était-il incompris et persécuté. Malgré tout, lucide sur ce qui lui arrive, il écrit : Tu m’as séduit Yahvé et je me suis laissé séduire ; tu m’as maîtrisé : Tu as été le plus fort. Je suis prétexte continuel à moquerie. Chaque fois que j’ai à dire la parole, je dois proclamer violence et ruine. La parole de Yahvé a été pour moi opprobre et raillerie tout le jour. Je me disais : je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son Nom ; alors c’était en mon cœur comme un feu dévorant, je m’épuisais à le contenir, mais je n’y arrivais pas. (Jer 20,7-9) Pourquoi est-ce qu’on se décide de répondre à l’appel du Seigneur ? Parce qu’on est séduit. Il n’y a pas d’autre explication. Une vocation à suivre le Christ est toujours une question d’amour. Amour du Christ pour celui qu’il appelle, et amour de celui qui est appelé pour le Christ. Mais pourquoi celui qui est appelé ressent-il de l’amour pour le Christ qui l’a appelé ? Il est difficile sinon impossible de donner les raisons pour lesquelles on aime quelqu’un. Pascal disait : (attention, c’est difficile ! attachez vos ceintures !!!) Les raisons me viennent après, mais d’abord la chose m’agrée ou me choque par cette raison que je ne découvre qu’après…mais je crois, non pas que cela choquait par ces raisons qu’on découvre après, mai qu’on ne trouve ces raisons que parce que cela choque (Pensée 276). Autrement dit, quand j’aime quelqu’un, je ne sais pas expliquer pourquoi. Et si je dis j’aime cette personne pour telle ou telle raison, ce n’est pas vrai ; la vérité, c’est que je n’ai trouvé ces raisons que parce que d’abord je l’aimais. Pourquoi celui qui est appelé ressent-il de l’amour pour le Christ qui l’a appelé ? Parce qu’il plaît à Dieu de se laisser découvrir, connaître et aimer, ainsi qu’il le déclare en Jérémie : Quand vous me chercherez, vous me trouverez, pour m’avoir cherché de tout votre cœur ; je me laisserai trouver par vous. (Jer.29, 1 3-14) Je vous donnerai un cœur capable de me connaître (Jer.24,7). Ni l’intelligence ni la sagesse humaine ne peuvent découvrir Dieu, il faut que lui se révèle à nous, comme le dit l’évangile Nul ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler (Mt.11,27). On s’étonne souvent de ce que le Christ ait choisi ses apôtres parmi des hommes à peu près illettrés, plutôt que parmi les prêtres, les scribes, ou les docteurs de la Loi, beaucoup plus instruits, connaissant infiniment mieux les choses de la religion. Jésus lui-même s’ en explique lorsqu’il dit à ceux qu’il appelle : Je vous ferai d’hommes. Il ne fait pas confiance au savoir ou à l’expérience qu’on pourrait acquérir dans une école spécialisée ou auprès d’un maître réputé. Il veut se charger lui-même de former ceux qu’il appelle. Lorsqu’ils sont appelés, les apôtres, que ce soit ceux d’hier ou ceux d’aujourd’hui, sont d’abord saisis de crainte. Mais le Seigneur les rassure. Jérémie, affolé, proteste : Ah Seigneur ! Vois ! je ne sais pas porter la parole, je suis un enfant. Mais Yahvé répondit ne dis pas je suis un enfant, mais va vers tous ceux à qui je t’enverrai et tout ce que je t’ordonnerai, dis-le. N’aie aucune frayeur devant eux car je suis avec toi. (Jr 1,6-7) Le Seigneur appelle des hommes dont il est le premier à savoir qu’ils sont tout-à-fait incapables et indignes d’être apôtres, mais il les forme et les transforme St Paul dit clairement : c’est de Dieu que vient notre capacité. (2 Co 3,5) « Regardez qui vous êtes, vous qui avez reçu l’appel de Dieu ; il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de bonne famille. Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages, ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les forts,…..car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. » (1 Co 1,26-29) Un de mes professeurs résumait tout cela en disant : La grâce de Dieu, c’est le pouvoir donné aux hommes de faire par eux-mêmes ce qu’ils ne peuvent pas faire par leurs propres forces. Mais que ce soit le Seigneur qui forme ceux qu’il appelle ne veut pas dire que les prêtres et les religieux ne doivent pas acquérir une solide formation humaine, intellectuelle et spirituelle. Cela veut dire que les études de philosophie, de théologie, d’histoire de l’Eglise auxquels ils s’astreignent pendant des années ne sont fructueuses que si elles imprègnent des esprits et des cœurs ouverts aux valeurs spirituelles. C’est au cours du cœur à cœur avec le Seigneur au long de la réflexion, de la méditation, et de la prière que l’Esprit Saint féconde le travail de l’intelligence. Le Seigneur ne veut rien faire sans nous, mais sans Lui nous ne pouvons rien faire Le psalmiste l’avait déjà dit il y a longtemps Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent les maçons. (Ps.126,1)

Que retenir de tout cela ? Ce qui nous frappe d’abord dans cet évangile, c’est la détermination des premiers apôtres qui, sans hésitation, dès qu’ils sont appelés, laissent tout : leur barque, leurs filets, mais aussi leur famille et leurs amis, pour suivre Jésus. L’appel de Jésus c’est quelque chose d’attirant, d’envoutant, il comble en apportant paix et sérénité, on ne peut pas y résister. On est séduit. Personne n’a les qualités nécessaires pour suivre le Christ. Lui seul peut former et transformer nos cœurs. St Paul en était vivement conscient qui disait aux Ephesiens A celui dont la puissance agissant en nous peut faire bien plus, infiniment plus que tout ce que nous pouvons désirer ou imaginer, à lui la gloire pour les siècles de siècles.

18 janvier 2026 1er dimanche temps ordinaire année A

(Isaïe 49,3,5-6) (1Cor.1,1-3) (Jean 11, 29-34)

En voyant venir Jésus, J.B.déclara : Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Que signifie cette expression : Agneau de Dieu ? Cela nous reporte au temps de Moïse, lorsqu’Israël était retenu en esclavage en Egypte, et cela fait allusion au repas pascal où chaque famille avait mangé un agneau, juste avant de se mettre en route pour quitter l’Egypte terre d’esclavage et rejoindre la terre promise, terre de liberté. Depuis ce jour là, l’agneau était, pour les Juifs, symbole de libération. Aujourd’hui, Jésus, le Messie, qui fait passer l’humanité de l’esclavage du péché à la liberté des enfants de Dieu en apportant le pardon des péchés, peut être regardé comme le nouvel Agneau Pascal. Pour J.B. Jésus est le vrai Messie et il en veut pour preuve le fait qu’il a vu l’Esprit descendre comme une colombe et demeurer sur Jésus. Or celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, poursuit J.B., m’a dit celui sur lequel tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. Moi j’ai vu et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. Deux affirmations importantes dans cette déclaration : Jésus est le vrai Messie. De plus, il va baptiser dans l’Esprit Saint. Mais avant de commenter ces deux affirmations, il y a une difficulté à aplanir: si Jésus est Dieu, il est un avec le Père et l’Esprit Saint, il a déjà l’Esprit Saint en lui. Il n’a pas besoin de le recevoir de nouveau …..Oui, mais, (comme nous le disions déjà la semaine dernière, en célébrant le baptême du Christ,) en se faisant homme, le Christ s’est séparé de ses prérogatives divines. Il ne retint pas le rang qui l’égalait à Dieu explique St Paul aux Philippiens, il s’est dépouillé prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. (Phil.2,6,7) C’est ce que les théologiens appellent la kénose du grec kénoo vider. Le Christ en se faisant homme s’est volontairement privé de l’exercice de ses prérogatives divines. On ne peut pas dire par exemple que l’enfant Jésus dans la crèche de Bethléem en voyant arriver les bergers s’est dit en lui-même : Tiens voilà Levi et Josaphat (il sait tout puisqu’il est Dieu). Non, puisque en se faisant homme, il s’est volontairement privé de ses prérogatives divines, l’enfant Jésus qui naît à Bethléem est un petit bébé impuissant comme tous les petits bébés. Il va devoir apprendre à marcher, à parler, à prier, comme tous les petits enfants. Volontairement il a renoncé à ce que la puissance de l’Esprit Saint s’exerce en lui. L’Esprit Saint est toujours en lui, mais comme dormant en quelque sorte. Et au moment où il reçoit le baptême de Jean, au moment où il va commencer son ministère, l’Esprit Saint qui descend sur lui redevient actif en lui et ses prérogatives divines lui sont rendues afin qu’il puisse exercer sa mission. Désormais ayant recouvré ses pouvoirs divins il va pouvoir baptiser dans l’Esprit.

J.B. précise bien : celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Celui sur lequel tu verras l’Esprit Saint descendre et demeurer, CELUI LA BAPTISE DANS L’ESPRIT SAINT. Ce qui veut dire que le Messie ne vient pas seulement pour pardonner les péchés, mais surtout et avant tout pour nous plonger, nous baptiser dans l’Esprit Saint, autrement dit, nous plonger dans la vie de Dieu. St Irénée exprime cela très bien dans une formule célèbre : Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. Dieu s’est fait homme, (à Bethléem ) pour que l’homme soit fait Dieu (par le sacrement de baptême). Jésus qui récupère tous ses prérogatives divines ne garde pas pour lui tout seul sa communion avec le Père et l’Esprit Saint mais partage cette communion avec nous. Au départ Dieu nous avait créés à son image, c’était déjà très bien, mais il restait une certaine distance entre lui et nous. Mais depuis qu’en Jésus l’humanité et la divinité sont unies, depuis qu’il nous a donné par le sacrement de baptême de recevoir la vie divine, il n’y a plus de distance entre l’humanité et la divinité, la divinité rentre dans l’humanité. Une nouvelle alliance a pris place entre Dieu et nous, bien supérieure à l’ancienne. Pour nous aujourd’hui, cela veut dire que « moi » ce n’est jamais « moi tout seul » mais « moi et le Christ vivant en moi ». Regardez Notre Dame, elle ne dit jamais « je ». Quand elle parle d’elle, elle dit je suis la servante du Seigneur. Elle ne dit pas je suis contente, elle dit exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur. Elle ne dit pas « je », elle dit « je et Dieu en moi……………… Si moi, ce n’est jamais « moi tout seul » mais « moi + Dieu vivant en moi », quand je prends une décision, le Christ vivant en moi doit être intégré à l’élaboration de cette décision. C’est ainsi que, (je vous en parlais dimanche dernier,) le pape François disait que lorsqu’il était confronté à un problème, il examinait les données de ce problème puis envisageait une décision, mais avant d’appliquer cette décision, il l’examinait encore une fois pour voir si elle était en accord avec la volonté de Dieu. Cela veut dire que quand je prends une décision, je devrais toujours me demander : Est-ce que c’est ça que le Christ voudrait que je fasse ? Or j’ai peur que souvent nous décidions tout seuls, avec le secours de notre raison, de notre intelligence, de notre bon sens et, bien sûr, le plus honnêtement possible, mais tout se passe comme si Dieu n’existait pas. En tout cas, il n’est pas présent dans l’élaboration de nos décisions. L’Esprit Saint en nous, n’est pas consulté, nous le réduisons au chômage ! Puis, après, une fois que nous avons pris notre décision, comme nous voulons être de bons chrétiens nous disons au Seigneur dans notre prière : Voilà j’ai fait de mon mieux pour prendre une bonne décision. J’espère que ça convient. Faites que ça marche. C’est bien de nous tourner vers le Seigneur à ce moment là, mais c’est un peu tard. Il aurait fallu le faire avant, au cours de l’élaboration de notre décision.

Que retenir de tout cela ?

Du temps de Moïse, après avoir mangé l’agneau pascal, les Juifs sont passés de l’esclavage d’Egypte à la liberté de la terre promise. Depuis, pour les Juifs, le mot agneau est symbole de libération. C’est pourquoi, le Christ qui nous fait passer de l’esclavage du péché à la liberté des enfants de Dieu est appelé Agneau de Dieu.Le Christ, Agneau de Dieu, nous plonge, nous baptise dans l’Esprit Saint, dans la vie de Dieu. Ce baptême nous greffe sur Dieu. Aujourd’hui nous ne sommes plus comme dans l’Ancien Testament simplement des êtres créés à l’image de Dieu, qui resterait encore à distance, extérieur à nous. Depuis le Christ, la divinité a pénétré dans notre humanité. Dieu n’est plus extérieur à nous, il est en nous. Ce qui fait dire à St Paul : Le Père a fait de nous des êtres nouveaux en J.C. en vue des oeuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance pour que nous les accomplissions. (Eph. 2,10)

Dimanche 11 janvier 2036 Baptême du Seigneur

(Isaïe 42,1-4. 6-7) (Actes 10,34-38) (Mt. 3,13-17)

Cet évangile nous rapporte comment Jésus reçut le baptême de Jean, comment, à cette occasion, une intervention céleste se produisit, au cours de laquelle l’Esprit Saint descendit sur lui et comment une voix venue du ciel confirma son investiture comme Messie. Mais cela soulève deux questions : Pourquoi Jésus demande-t-il à recevoir le baptême de Jean qui purifie des péchés ? Il est sans péché. Il n’a pas besoin de ce baptême là. Et pourquoi l’Esprit Saint descend-il sur lui après ce baptême ? Jésus, étant Dieu, a nécessairement l’Esprit Saint en lui. Il n’a pas besoin de le recevoir.Jésus a pris l’initiative de s’approcher pour demander à JB de lui conférer le baptême de purification. J.B. a d’abord refusé de baptiser Jésus : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi. Mais Jésus ayant insisté : C’est ainsi qu’il faut faire pour accomplir pleinement la volonté du Père, J.B. a cédé. Jésus ne vient pas demander le pardon de ses péchés, il est sans péché, il vient demander le pardon des péchés des hommes qu’il a voulu prendre sur lui. Son amour envers nous l’a poussé à prendre nos péchés sur lui et à intervenir en notre faveur. Le Père ne pouvait pas refuser une telle prière venant de son Fils. Nous avons du mal à comprendre l’énormité de l’humilité de Jésus qui prend sur lui le poids de nos fautes. Il s’abaisse jusqu’à nous pour nous relever jusqu’à Lui.Mais plus incompréhensible encore est la descente de l’Esprit Saint sur Jésus. Lui qui est vrai homme est aussi vrai Dieu, et en tant que tel, il est un avec le Père et l’Esprit. Il n’a donc pas besoin de recevoir l’Esprit Saint… Oui, mais en se faisant homme, le Christ s’est séparé de ses prérogatives divines. Il ne retint pas le rang qui l’égalait à Dieu explique St Paul aux Philippiens, il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes (Phil.2, 6,7) C’est ce que les théologiens appellent la kénose, du grec kénoo viderLe Christ en se faisant homme s’est vidé, s’est volontairement privé de l’exercice de ses prérogatives divines. On ne peut pas dire par exemple que l’enfant Jésus dans la crèche à Bethléem, voyant arriver deux bergers, se dit en lui-même Tiens ! voilà Levi et Josaphat !!!Puisque lorsqu’il se fait homme, il s’est volontairement privé de ses prérogatives divines, l’enfant Jésus qui naît à Bethléem est un petit bébé impuissant comme tous les petits bébés. Il va devoir apprendre à parler, à marcher, à prier comme tous les petits enfants. Volontairement il a renoncé à ce que la puissance de l’Esprit Saint s’exerce en lui. L’Esprit Saint est toujours en lui, mais comme dormant. Et au moment où il reçoit le baptême de Jean, au moment où sa vie cachée arrive à son terme, au moment où il va commencer son ministère public, l’Esprit Saint qui descend sur lui redevient actif en lui et ses prérogatives divines lui sont rendues afin qu’il puisse remplir sa mission.C’est alors que la voix du Père venant du ciel se fait entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. Il s’agit là d’une investiture solennelle par laquelle le Christ est désigné comme l’envoyé spécial du Père pour établir son Règne sur la terre. Dans cette scène de l’évangile, deux faits se détachent qui sont importants pour nous, pour notre vie chrétienne de tous les jours. D’abord Jésus, en se faisant homme, renonce à son rang et à ses prérogatives de Dieu, il s’abaisse pour se mettre à notre niveau. Mais ensuite, lorsqu’il va commencer son ministère, le Père lui rend toutes ses prérogatives divines Il se reçoit du Père. C’est important de voir comment le Christ se renonce pour se recevoir ensuite du Père. C’est important, parce que si nous voulons suivre le Christ, nous devons, comme lui, nous renoncer et ensuite comme lui, nous recevoir du Père. Cette exigence est mentionnée en toutes lettres dans l’évangile : Si quelqu’un veut se mettre à ma suite, qu’il renonce à lui-même (Mt. 16,24) pour nous recevoir ensuite du Père. Le souci de rester en accord avec la volonté de Dieu devrait être notre première préoccupation. Le pape François disait que lorsqu’il était confronté à un problème, il étudiait les données de ce problème, ensuite, il prenait une décision, mais avant de la mettre application, il l’examinait encore une fois pour voir si elle était en accord avec la volonté de Dieu. Mais nous autres, j’ai bien peur que trop souvent, nous prenons nos décisions, certes le plus honnêtement possible, mais sans trop nous soucier de la volonté de Dieu. Et puis ensuite, nous demandons au Seigneur de nous aider pour que ces décisions se réalisent, sans nous rendre compte qu’elles sont l’expression de notre volonté plus que de la sienne !!! Je me souviens d’avoir demandé un jour à un groupe d’élèves de terminale ce qu’ils voulaient faire après le bac. L’un m’a répondu MPC, l’autre Droit, un autre encore langues étrangères, mais lorsque je leur ai demandé : est-ce que vous vous êtes quelquefois posé la question : Qu’est-ce que le Seigneur voudrait que je fasse ? Ils sont restés bouche bée et bien embarrassés. Ils ne s’étaient jamais posé cette question. Leurs décisions n’étaient pas contre la volonté de Dieu. Peut-être même qu’elles étaient, sans qu’ils s’en rendent compte, en accord avec la volonté de Dieu. Mais c’est dommage qu’elles aient été prises sans référence à la volonté de Dieu comme si Dieu n’avait rien à voir avec notre vie de chaque jour.Et deuxième fait important : La volonté du Père n’est pas d’abord de nous accorder le pardon de nos fautes, mais de nous greffer sur lui, de nous plonger dans la vie nouvelle que procure le baptême dans l’Esprit. Pour cela il fallait que soient opérés le pardon des péchés et la réconciliation avec le Père, c’est vrai, mais le Père n’a pas envoyé le Christ parmi nous pour opérer le pardon des péchés, pour opérer un règlement de comptes. Son but en envoyant son Fils parmi nous est d’ouvrir un avenir nouveau à l’humanité, de nous faire participer à une vie nouvelle d’enfants de Dieu, ce qui était son projet depuis le commencement des temps. Même s’il n’y avait pas eu le péché originel et tout le contentieux de péchés à pardonner pour obtenir la réconciliation et la communion avec le Père, le Père aurait envoyé son Fils sur la terre puisque son but était de nous élever au rang de fils. St Irénée avait bien compris cela qui disait Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. Il n’aurait jamais dit : Dieu s’est fait homme pour que les péchés des hommes soient pardonnés.Que retenir de tout cela ?Cette page d’évangile ne nous rapporte pas seulement le baptême de Jésus, elle nous rapporte aussi l’intronisation solennelle de Jésus en tant qu’envoyé du Père pour établir le Royaume sur la terre . La vie cachée du Christ s’achève, sa vie publique de Messie commence.Jésus ne reçoit pas le baptême de Jean pour obtenir le pardon de ses péchés, mais pour obtenir le pardon de nos péchés qu’il prend sur lui. Au moment de son baptême, comme en témoigne la voix venue du ciel, le Père rend à Jésus le plein exercice de ses privilèges divins et sa pleine communion avec l’Esprit Saint, à quoi il avait renoncé en se faisant homme.Le Christ se renonce avant de se recevoir du Père. Celui qui veut se mettre à la suite du Christ doit suivre le même parcours. Comme le Christ, chaque chrétien devrait pouvoir dire en vérité : Je ne suis pas là pour faire ma volonté mais la volonté du Père. (Jean 6,38)

Dimanche 4  Janvier 2026, Epiphanie 

(Isaïe 60, 1-6)  (Eph.3,2-3a.5-6(Mt.2, 1-12)

Nous célébrons aujourd’hui l’Epiphanie, c’est-à-dire la manifestation du Seigneur à tous les peuples de la terre représentés dans l’Evangile par les Mages. Qui étaient les Mages ? Ce n’était pas des rois,  comme on le dit souvent à tort, mais des astronomes originaires de Chaldée, région où se trouvent aujourd’hui l’Arabie, l’Iran, l’Irak. Ils étaient aussi astrologues et devins, pratiquaient la médecine et interprétaient les songes. D’après leur traditions, l’apparition d’une étoile nouvelle dans le ciel annonçait la naissance d’un roi ou d’un personnage important. Ayant découvert une étoile nouvelle dans le ciel, ils se mirent en route, suivant la trajectoire de cet astre nouveau qui les conduisit jusqu’à Jérusalem. Arrivés là, ils demandèrent naïvement aux autorités : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? sans se douter de l’émoi qu’ils provoquaient. Hérode, affolé, craint que ce nouveau roi ne le détrône, et les Juifs croyants, troublés,  se demandent si cette étoile nouvelle n’annoncerait pas l’arrivée du Messie. Tout le monde est bouleversé. On convoque les grands prêtres et les scribes et on leur demande où,  selon l’Ecriture, doit naître le Christ. S’appuyant sur des textes des prophètes Samuel et Michée, on leur répond que cela doit être à Bethléem. Hérode invite alors les Mages à se rendre là-bas et leur demande de revenir le renseigner afin qu’il  puisse, lui aussi, aller se prosterner devant ce nouveau roi.

St Mt. est le seul évangéliste à nous rapporter la visite des Mages. Il y tient parce que ce récit l’aide à évangéliser ses lecteurs, des Juifs qui envisagent de devenir chrétiens mais comme ils sont persuadés que le Messie ne doit venir que pour leur nation,  puisque Yahvé n’a fait alliance qu’avec Abraham et ses descendants ils sont gênés. Ils se demandent si le Christ ne représente pas une religion nouvelle en rupture avec le judaïsme traditionnel. En fait l’histoire des Mages ruine leurs préjugés.  En effet, elle  montre que la naissance de Jésus à Bethléem était annoncée par les anciens prophètes, donc le Christ n’est pas en rupture mais  bien en continuité avec le judaïsme ancien et comme c’est une lumière venue du ciel qui annonce la naissance du Sauveur aux nations païennes, on ne peut plus prétendre que le Messie ne vient que pour les Juifs seulement. Il a fallu du temps pour que les chrétiens se retrouvent catholiques, c’est-à-dire universels, venant de partout, de toute la terre kath’olèn tèn gèn. Au tout début, les premiers chrétiens provenaient seulement de l’entourage de Jésus et des apôtres,  tous  des Juifs  de Palestine comme eux. Puis comme les Juifs commerçaient dans les pays bordant  la Méditerranée, grâce à eux l’évangile se répandit rapidement parmi les habitants de ces pays, en particulier les Romains qui dominaient alors toute l’Europe occidentale.

 Vers les années 65-70 Marc, secrétaire de Pierre a déjà écrit son évangile pour les chrétiens de milieu romain, Luc aura écrit le sien pour les chrétiens de culture grecque au plus tard vers les années 80,90 en même temps que Mt aura terminé le sien dans les mêmes années, pour les juifs convertis au christianisme C’est la première fois qu’une religion prétendait à l’universalité suivant le commandement du Seigneur : Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du St Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. (Mt.20,19,20) Jusqu’alors les fidèles des différentes religions,  y compris les Juifs, gardaient leur foi pour eux, orgueilleusement,   ne la partageant qu’exceptionnellement avec les autres qu’ils considéraient comme des infidèles, de races plus ou moins inférieures.

                         A ma connaissance, c’est également la première fois qu’une religion s’adressait à tous, sans aucune discrimination   d’aucune sorte. Elle n’était pas réservée aux riches, aux puissants, aux savants. Au contraire les pauvres étaient mis en avant et les premières places réservées aux enfants et aux tout-petits. Absolument personne n’est exclu. Même les mauvais, les pécheurs, les injustes sont accueillis chaleureusement, dès lors qu’ils se convertissent. Le premier homme dont nous sommes sûrs qu’il soit entré au paradis est un gangster : le bon larron (Luc 23,43). St Paul pourra écrire aux Corinthiens : Considérez frères qui vous êtes, vous qui avez reçu l’appel de Dieu ; il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de bonne famille. Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages, ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort, ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas, Dieu l’a choisi pour réduire à rien ce qui est afin que, comme dit l’Ecriture, celui qui s’enorgueillit, s’enorgueillisse dans le Seigneur. (1Cor.1,26-31)

Le plus frappant dans ce récit c’est que ce sont des Mages d’Orient,  donc des païens qui ont vu l’étoile. Les croyants, les grands prêtres, les scribes et les docteurs de la Loi malgré leur connaissance approfondie de la Loi et des prophètes n’ont rien vu venir. Cela nous invite à ne jamais nous croire supérieurs à ceux qui ne partagent pas notre foi. Autre fait remarquable : les mages ont découvert l’étoile qui les a conduits à Dieu non pas dans la prière, mais en faisant leur travail d’astronomes. Cela veut dire que le travail peut nous mener à Dieu tout autant que la prière. Encore faut-il que nous ne fassions pas du  travail un moyen de rechercher des richesses à tout prix, par tous les moyens,  même en écrasant les autres et que nous ne nous laissions pas prendre par de rythmes de travail impossibles. Encore faut-il qu’on ne se laisse pas noyer dans un tourbillon d’occupations, mais qu’on prenne le temps de faire surface pour respirer. Les mages ont vu l’étoile parce qu’ils avaient le nez en l’air. Nous qui sommes souvent des super-actifs, cela devrait nous faire réfléchir.

Que retenir de tout cela ?

Aujourd’hui célébrant la manifestation de Dieu à tous les hommes, de toutes conditions et de toutes les nations, réjouissons-nous de ce qu’à travers le monde des hommes de toutes les couleurs et de toutes les cultures partagent notre foi. Tant mieux si nous sommes croyants depuis notre petite enfance. Remercions le Seigneur qui a mis sur notre chemin des parents, des éducateurs, des amis, qui nous ont éclairé et amenés vers Lui. N’oublions pas ceux qui, autour de nous, n’ont pas encore découvert le Christ. Serons-nous pour eux l’étoile qui les guide vers Lui ?

D’autre part, c’est dans leur travail d’astronomes que les mages ont découvert l’étoile qui les a conduits jusqu’à Dieu. cela veut dire que le travail peut nous mener à Dieu tout autant que la prière. Mais encore faut-il ne pas nous laisser noyer et a brutir par tout ce que nous avons à faire. Les mages ont vu l’étoile parce qu’ils avaient le nez en l’air. Tachons d’avoir, de temps en temps, nous aussi, comme les Mages, le nez en l’air ! Ainsi soit-il !!!

Dimanche  28  Décembre  2025 Fête de la Sainte Famille

(Ben Sirac 3,2-6. 12-14)  (Col. 3,12-21)  (Mt.2,13-15.19-23)

Nos célébrons aujourd’hui la fête de la Ste Famille. Pourquoi dit-on de Joseph, Marie et Jésus

qu’ils constituent une Famille sainte ? D’abord, bien sûr parce que Jésus est Fils de Dieu, mais aussi parce que Joseph et Marie ne forment pas un couple ordinaire. Ils sont l’un et l’autre dans une relation de dépendance spéciale avec le Seigneur. Marie dirige sa vie d’après les paroles de l’ange de l’Annonciation, tandis que Joseph mène la sienne en compagnie de Marie, selon les révélations d’un songe divin.

 L’évangile d’aujourd’hui nous fait retrouver cette famille à un moment où elle se trouve dans une situation difficile. Quelques jours après la naissance de Jésus, des savants venus d’Orient,  qu’on appelle souvent les Rois Mages, arrivèrent à Jérusalem, en suivant une étoile qui selon leurs croyances annonçait la naissance d’un roi, et allèrent trouver Hérode qui régnait à Jérusalem, afin de savoir où se trouvait ce roi qui venait  de naître et à qui ils voulaient rendre hommage. Hérode, craignant de se faire détrôner par ce nouveau roi envisagea aussitôt secrètement de le faire supprimer. Mais averti en songe, Joseph s’enfuit en Egypte avec Marie et l’Enfant. Puis, Hérode étant mort, la Ste Famille rentre en Palestine. Cependant ne voulant pas s’attarder en Judée à proximité du fils d’Hérode qui règne maintenant à Jérusalem, elle poursuit sa route jusqu’à Nazareth en Galilée. Ce récit nous montre la sollicitude permanente du Père céleste qui veille sur les siens. Mais de la même manière qu’il veille sur la Sainte Famille, menacée par le cours des évènements, il veille aussi sur toutes les autres familles où se trouvent aussi les siens, qui sont aussi menacés par les vicissitudes de la vie.
                                     Aujourd’hui où nous fêtons la Ste Famille, prions pour les familles si souvent  menacées par leur environnement. Sans parler des pays en guerre ou des pays en proie à la famine et aux épidémies, même chez nous où on peut voir plusieurs pharmacies dans la même rue et partout des poubelles débordant de nourriture jetée, combien d’enfants grandissent sans pouvoir profiter de l’amour d’un papa et d’une maman présents chaque jour à leurs côtés… Dans des pays comme le nôtre, deux sources de problèmes, entre autres, menacent l’équilibre et le bonheur des familles : d’abord  la dureté de la vie moderne avec surtout la vie chère et les difficultés dans le travail et ensuite l’instabilité familiale.

Derrière une apparence de prospérité, bien des familles vivent à flux tendu. Parfois le travail du père de famille, marin pêcheur ou chauffeur de poids lourd, le retient chaque semaine plusieurs jours de suite hors de chez lui, Parfois le papa et la maman se croisent dans l’escalier, l’un  travaillant dans une équipe de jour et l’autre dans une équipe de nuit. Un père de famille me disait l’autre jour, qu’il n’arrive à voir ses enfants que quelques instants le soir en rentrant du travail, avant qu’ils ne montent dormir ! Heureusement les vacances, les congés payés, les congés parentaux limitent les dégâts. J’ai même eu la chance de découvrir l’autre jour,  une perle rare, une famille privilégiée, où le papa et la maman ayant créé chacun leur entreprise, travaillent à domicile et peuvent par conséquent être plus présents à leurs deux enfants encore en bas âge !

Et puis il y a tous les problèmes d’instabilité familiale. Il y a bien des raisons à cela, je n’en soulignerai qu’une : on appelle n’importe quoi amour. On peut aimer quelqu’un sans l’aimer

d’amour. Par exemple on aime tel joueur de foot ou tel homme politique. On peut aussi éprouver des sentiments assez profonds pour quelqu’un sans l’aimer d’amour. Chacun de nous a d’excellents amis qu’il aime bien, mais il ne les aime pas d’amour ! D’autre part souvent  on croit sincèrement aimer l’autre alors que c’est seulement soi qu’on aime . Par exemple quand on dit : je t’aime, je ne peux pas vivre sans  toi, j’ai besoin de toi, ce n’est pas toi que j’aime, mais moi appréciant tes qualités, profitant de toi. Dans ce cas, au bout d’un moment, celui qui est « apprécié », lassé d’être consommé par son partenaire, décroche. C’est ainsi que se créent tant d’accouplements saisonniers ! L’autre me plaît vraiment, j’ai envie de lui, j’éprouve un réel attachement pour lui. mais je ne l’aime pas d’amour. C’est moi que j’aime dans mon désir de profiter de lui. L’autre je le consomme, je le consume, je le détruis. Alors que si j’aime vraiment l’autre d’amour, je le construis.

 Aimer d’amour quelqu’un, c’est le mettre au-dessus de soi, avant soi, c’est  vouloir faire être l’autre. Or ceci est contraire à la psychologie humaine la plus élémentaire. Regardez un bébé dans son berceau, il essaie d’attraper tout ce qui passe à portée de ses mains et le porte à sa bouche, même son pied. Ce qui veut dire que l’homme est naturellement égocentrique sinon égoïste, centré sur soi, et que l’amour n’est pas un sentiment humain. Mais comment se fait-il qu’ on rencontre partout des couples  qui s’aiment d’amour, des familles où parents et enfants s’aiment d’amour, alors que par nature, nous sommes fermés  sur nous-mêmes, centrés sur nous-mêmes ? Il faut que cet amour qui nous unit vienne d’ailleurs. Il n’y a qu’une source d’amour, c’est Dieu. S’il existe des couples qui s’aiment d’amour, c’est donc  que Dieu donne à chacun d’aimer l’autre. C’est pourquoi le Christ peut dire Que l’homme ne détruise pas ce que Dieu a uni (Mt.19,7), même si les époux se choisissent librement. Et si dans les familles on s’aime d’amour, c’est parce que le Seigneur donne aux parents comme aux enfants de s’aimer mutuellement. Et c’est pourquoi toute famille, dans sa source même, est sainte. En célébrant aujourd’hui la Saine Famille, nous célébrons aussi toutes les familles que  le Seigneur

sanctifie en  les faisant participer à son amour. A chaque famille désormais de se maintenir  dans l’amour  en évitant de retomber dans l’égoïsme qui nous menace tous,  tous les jours.

Que retenir de tout cela ?

La célébration de cette fête de la Ste Famille nous invite à redécouvrir que c’est au Seigneur que nous devons tout l’amour qui se vit dans nos familles. Certes elle sont loin d’être parfaites,  mais soyons honnêtes : Combien de fois dans une journée, chacun des membres de la famille ne s’efface-t-il pas pour faire passer un autre avant lui ? Nous sommes peut-être foncièrement égocentriques, mais grâce à Dieu, par la grâce de Dieu, personne n’arrive à compter les gestes de renoncement, d’entraide, d’affection, d’amour même, de chacun vis-à-vis de ceux qui l’entourent, qu’il y a au long d’une journée dans une famille.

Remercions le Seigneur pour l’amour qu’il nous donne de partager avec les nôtres. Puisse-t-il garder chacun de nous et chacune de nos familles dans cet amour.

Noël 2025

A Noël nous fêtons la venue du Christ parmi nous. Dieu se fait homme, il nait à Bethléem comme nous venons de l’entendre à la lecture de l’évangile il y a quelques instants, et vient habiter au milieu des hommes.

Jusque là c’est clair. Mais si on commence à creuser et à s’interroger. Pourquoi vient -il ? alors Noël se révèle être un vrai mystère dont on ne perçoit jamais toute la richesse. Pourquoi le Christ vient-il parmi nous ? Souvent on dit qu’il vient pour nous réconcilier avec le Père. C’est vrai. Il y avait un contentieux qui traînait entre le Père et nous depuis longtemps. Nos ancêtres s’étaient laissé avoir. Le démon leur avait fait croire que s’ils se libéraient de l’autorité du Père, ils ne mourraient pas mais ils deviendraient comme des dieux décidant par eux-mêmes du bien et du mal. Ils se sont donc coupés de Dieu. Évidemment se séparer de Dieu, source de vie, ne pouvait avoir que des conséquences catastrophiques. L’égoïsme, l’orgueil, l’envie, la haine ont tout envahi tout de suite. Heureusement Dieu qui est amour n’a pas laissé tomber. Au long des siècles il a envoyé auprès des hommes des sages, des prophètes pour les guider leur promettant qu’un jour il enverrait un Messie pour opérer la réconciliation. C’est l’arrivée de ce Messie Sauveur que nous fêtons aujourd’hui.

Mais pourquoi Dieu a-t-il voulu cette réconciliation et nous réintégrer dans son intimité ? Cela ne lui rapporte rien, il n’a besoin de rien. C’est que dans son amour pour nous, il ne pouvait pas supporter de nous voir déchus, entraînés par le péché dans les violences, les souffrances, les massacres, les ruines qu’entraîne le péché.

Et pourquoi a-t-il envoyé le Fils de Dieu en personne communiquer ce pardon ? Il aurait pu envoyer quelqu’un d’autre, un prophète, proclamer : A partir de maintenant, vous êtes pardonnés. C’est qu’Il ne veut pas se contenter d’un simple pardon qui annulerait le péché et puis tout recommencerait comme avant. Depuis toujours dès avant la création du monde il avait le projet de de faire de nous ses enfants, Il a donc profité de ce pardon qu’il fallait apporter aux hommes pour réaliser son projet d’unir l’humanité à sa divinité. Et Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu comme dit St Irénée. Si bien que le but véritable de l’incarnation n’est pas de proclamer une réconciliation entre le ciel et la terre, comme nous le disons souvent. La réconciliation n’est qu’un effet secondaire de l’incarnation. Le véritable but de la venue du Christ au milieu de nous c’est de greffer la divinité sur l’humanité, ce qui était le projet du Père depuis toujours. Dire que Noël c’est fêter la venue du Christ qui se fait homme au milieu de nous, c’est vrai, mais c’est incomplet. En réalité Noël c’est la célébration de ce mystère où Dieu se fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. Au départ, l’homme avait été créé à l’image de Dieu mais il restait comme une certaine distance entre l’homme et Dieu. Dès que Jésus se fait homme, cette distance disparait, puisque Jésus est à la fois vrai Dieu et vrai homme. En se faisant homme, il fait rentrer la divinité dans l’humanité. En Jésus Dieu et l’homme sont un. Désormais à tous ceux qui le reçoivent est donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu dit St Jean. Tous ceux qui reçoivent le baptême reçoivent la vie de Dieu et sont comme recréés, parfaitement unis désormais, à la vie de Dieu, greffés sur Dieu. La prière de l’offertoire à la messe nous faisait dire autrefois : Dieu qui avez créé l’homme d’une manière admirable (en le créant à votre image lors de la création du monde) et qui l’avez restauré d’une manière plus admirable encore (à Noël en unissant en Jésus la divinité et l’humanité), accordez nous d’avoir part à la divinité de celui qui a pris part à notre humanité.

Noël est donc beaucoup plus que la touchante histoire d’un charmant petit poupon, c’est en quelque sorte une seconde et nouvelle création de l’homme.

A Noël le Christ nous apporte le salut et la réconciliation mais il ne faut pas dire que désormais tout reprend comme avant. Non, tout reprend mieux qu’avant. A Noël il y a du nouveau. L’histoire de l’humanité reprend sur de nouvelles bases. Comme st Paul l’écrit aux Ephésiens :Dieu a fait de nous des êtres nouveaux en Jésus Christ, en vue des œuvres bonnes qu’il avait préparées à l’avance pour que nous les accomplissions. (Ephes.2,10) L’apparition du Messie sous l’apparence d’un enfant nouveau-né a déconcerté tout le monde. On attendait le Messie dans le cadre d’une apparition imposante voire terrifiante toute en gloire et puissance. On l’imaginait comme un personnage imposant, quelqu’un comme un grand prophète. Jamais on n’aurait imaginé qu’il arrive sous les traits d’un enfant nouveau-né. C’est bien le même Dieu que celui qui est apparu autrefois à Elie au sommet de l’Horeb. Il y eut un ouragan si fort qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais Yahvé n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais Yahvé n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais Yahvé n’était pas dans le feu et après le feu, le bruit d’une brise légère et Yahvé était dans la brise légère. (1 Rois 19,12,13) Il est arrivé dans une extrême discrétion. Il a vraiment tout fait pour ne pas nous effrayer. Naître dans une grotte qui servait d’étable, on ne souhaiterait cela à personne. Pourquoi a-t-il voulu cette vie dure qui fut la sienne, de la crèche à la croix ? Il aurait pu s’accorder de meilleures conditions de vie, attendre qu’il y ait l’eau courante, l’électricité, les moyens modernes de communication : l’imprimerie, les voitures, internet, la télévision, les ordinateurs. Cela aurait été précieux pour le lancement de l’évangile !!! Pourquoi un tel abaissement ? Comme ça, il était sûr de ne laisser personne en dessous. Il voulait nous sauver tous, surtout eux qui en avaient le plus besoin. C’est pour ça qu’il frayait avec tout le monde même avec ceux qui n’avaient pas tellement une bonne réputation. Les premiers à être avertis de sa naissance ce sont des bergers, des gens assez mal vus qu’on accusait de voler des poules lorsqu’ils traversaient les villages ave leurs troupeaux. On le retrouve en grande conversation avec une femme qui a eu cinq maris, on lui a reproché d’être toujours fourré avec les pécheurs. C’est qu’il est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu. Alors si, ce soir de Noël, devant tant de bonté et tant d’amour, nous nous sentons un peu gênés, parce que sans être des pécheurs abominables, nous sommes quand même assez minables, toujours pas capables de faire le bien que nous aimons et faisant quelquefois le mal que nous n’aimons pas, tant mieux ! C’est pour des gens comme nous que le Seigneur vient. Il vient pour relever ceux qui en ont besoin.

Que retenir de tout cela ?

Noël c’est beaucoup plus que l’histoire touchante du petit Jésus. C’est même beaucoup plus que l’histoire de Dieu qui se fait homme. C’est le mystère de Dieu qui se fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. C’est l’histoire d’une mutation et d’un nouveau départ pour les hommes.Pour la première fois en Jésus un homme est à la fois Dieu et homme. Et depuis tous ceux qui l’accueillent sont transformés, renouvelés, greffés sur Dieu.

Aujourd’hui en cette fête de Noël tout pourrait recommencer mieux qu’avant. Voici que le Seigneur vient. Pendant trop de siècles, pendant trop d’années, nous ne l’avons pas reçu ; le résultat n’a pas été brillant. Aujourd’hui ne laissons plus passer notre chance. Seigneur viens ! Il n’y a pas d’autre nom en qui nous puissions être sauvés. Vienne ton règne dans nos cœurs ! Vienne ton règne sur notre terre.

Dimanche 21 Décembre 2025

Isaïe 7,12-16) (Rom.1,1-7) (Mt.1, 18-25)

Marie avait été accordée en mariage à Joseph. A cette époque, souvent, les jeunes époux étant encore adolescents, un certain temps s’écoulait entre l’engagement matrimonial et la venue de l’épouse sous le toit de son mari. C’est dans ce laps de temps que Marie se trouva enceinte. Joseph ne manifesta ni reproches ni colère, il décida de renvoyer Marie secrètement, même si, selon la Loi, les répudiations devaient être publiques. Mais voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit de prendre Marie pour épouse, que l’enfant qu’elle porte vient de l’Esprit Saint et qu’il sera le Sauveur. Dans la Bible, les songes sont un des moyens utilisés par Dieu pour faire connaître ses desseins aux hommes. Dans l’Ancien testament, Abraham, David, Daniel, entre autres, en ont bénéficié. Dans le Nouveau Testament St Paul a fait l’objet de plusieurs visions nocturnes qui l’ont guidé et réconforté dans son apostolat. Mais le songe de Joseph est tout-à-fait à part. D’abord ce n’est pas un ange mais Dieu lui-même qui intervient. En effet dans le langage biblique, l’expression « l’Ange du Seigneur » est une périphrase employée pour désigner Dieu, dont par respect et par crainte on ne veut pas prononcer le nom. Ensuite l’objet de ce songe n’est pas de révéler tel ou tel dessein de Dieu plus ou moins important, mais d’annoncer l’arrivée imminente du Messie. D’autre part il est demandé à Joseph de donner son nom à l’enfant. Or chez les Juifs le nom n’est pas simplement un terme qui désigne quelqu’un, il exprime l’activité ou la destinée de celui qui le porte. Et le nom dont il est demandé à Joseph d’appeler l’enfant qui va naître c’est Jésus, c’est-à-dire : Sauveur. Et puis enfin chez les Juifs, celui qui donne son nom à un enfant c’est celui qui a autorité sur lui. Joseph a donc un pouvoir et une autorité toute spéciale sur l’enfant. C’est lui qui doit le faire entrer dans la société, dans la descendance de David. Avec Marie, c’est lui qui doit former et éduquer l’enfant. Ce songe n’apporte donc pas une information insignifiante, il s’agit d’une véritable annonciation. D’ailleurs on le qualifie souvent « d’Annonciation à Joseph ». Ce qui est impressionnant dans cette page d’évangile c’est la façon dont Joseph reçoit le message qui lui est adressé. Il ne pose pas de questions, ne demande pas d’explications, il n’hésite pas une seconde. Quand il se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. Pour Joseph, il est bien entendu que le Seigneur veille sur chacun, qu’il n’est jamais loin, qu’il a de projets pour chacun. Il trouve donc normal qu’il intervienne dans sa vie pour lui confier la mission d’introduire le Messie dans le monde, et d’assurer avec Marie son éducation et sa formation. Quelle foi extraordinaire que celle de Joseph ! Lorsqu’un ange est apparu à Zacharie pour lui annoncer que sa femme, bien que très âgée, mettrait au monde un enfant, il ne l’a pas cru. Joseph lui, a cru des choses bien plus extraordinaires : que l’enfant qui allait naître était l’œuvre de l’Esprit Saint, que lui, simple charpentier de village était appelé à être le père légal du Messie. Comment aurions-nous réagi à sa place ? J’ai bien peur que souvent, nous n’osons pas croire que le Seigneur s’intéresse à nous personnellement au point de nous confier une tâche, une mission. Lorsqu’un appel du Seigneur nous atteint, par fausse humilité et aussi en raison de notre manque de foi, spontanément, persuadés que Dieu ne peut pas s’intéresser à quelqu’un d’ordinaire comme nous, nous écartons cette pensée, la prenant pour une idée sans queue ni tête, qui nous passe par la tête, une idée imaginaire, sans aucun fondement dans la réalité. Je suis persuadé que c’est là une des causes principales de la crise des vocations. Pourquoi le nombre des prêtres se raréfie, ? Bien sûr, ce n’est pas parce que Dieu n’appelle plus, je ne crois pas non plus parce que ceux qui sont appelés refusent de répondre à l’appel qui leur est adressé, mais tout simplement parce qu’ils n’entendent pas cet appel, parce qu’ ils ne le reconnaissent pas comme appel, parce qu’ils prennent cet appel pour une idée imaginaire qui leur passe par la tête, sans aucun fondement réel. Ce qui est curieux c’est que si une idée survient en nous de faire quelque chose de mal, sans trop de difficultés, nous savons reconnaître : c’est le démon qui me tente, il essaie de m’avoir. Tandis que si une idée de faire quelque chose de bien surgit en nous nous ne pensons pas une seconde que cette suggestion puisse venir de Dieu, nous croyons que cela vient de nous, que c’est une idée comme d’autres qui nous passe par la tête. Mais si Dieu nous parle, comment repérer sa parole ? Quand Dieu nous parle, il nous touche au cœur. De deux manières. Parfois en nous faisant des reproches quand nous avons mal fait. Comme on n’ose pas croire que c’est le Seigneur qui intervient, on appelle cela la voix de la conscience. En réalité, c’est Dieu qui intervient. Parfois aussi, il nous parle en nous attirant à lui. Si quelque chose nous touche, nous rapproche de Dieu, nous fait comprendre quelque chose sur lui, que ce soit en priant, en lisant l’évangile, en écoutant une homélie, en voyant quelque chose dans la rue, en causant avec quelqu’un, en regardant la télévision, en lisant le journal, attention ! il est en train de nous dire quelque chose. C’est quand même invraisemblable, lorsqu’une tentation nous fait pencher vers le mal, nous savons reconnaître : le démon est là, il essaie de m’avoir ! Mais quand quelque chose fait pencher notre cœur vers le bien, nous ne sommes pas fichus de reconnaître : le Seigneur est là. Il ne faudrait pas que le Seigneur dise de nous aujourd’hui ce qu’il disait de ses compatriotes et que nous rapporte St Mt. : Le coeur de ce peuple s’est endurci, ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux pour ne pas voir de leurs yeux, ne pas entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur cœur. (Mt.13,14,15)Que retenir de tout cela ?Joseph n’a pas dit en se réveillant : Tiens, j’ai fait un drôle de rêve cette nuit ! Il a cru tout de suite que ce rêve était une communication divine, quand il se réveilla, il fit tout de suite ce que l’ange lui avait commandé. Exactement comme N.D. qui répond tout de suite à l’ange je suis la servante du Seigneur que tout s’accomplisse pour moi selon ta parole. Ces deux-là étaient faits pour s’entendre !!! En voyant comment dans l’Evangile le Seigneur appelle des gens ordinaires Joseph, un charpentier de village, Marie, une petite jeune fille de la campagne, les apôtres, des pêcheurs sans instruction, cessons de penser : le Seigneur ne peut pas s’intéresser à des gens ordinaires comme moi. Le Seigneur ne laisse personne de côté. Il a des projets pour chacun de nous. Les vocations ce ne sont pas des appels extraordinaires réservés à quelques uns. Par conséquent tous nous devons avoir le souci de chercher ce qu’il attend de nous Tous les jours, il communique avec nous. Lorsque nous avons fait quelque chose de mal, ce n’est pas la voix de je ne sais quelle conscience qui nous fait de reproches, c’est le Seigneur. Et lorsque quelque chose nous touche, nous fait comprendre quelque chose de lui, nous attire vers lui et vers le bien, ce n’est pas une idée en l’air sans fondement dans la réalité qui nous passe par la tête, c’est encore le Seigneur lui-même qui, discrètement, nous attire. Il ne faudrait pas que le Seigneur ait à nous reprocher, aujourd’hui encore : Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? (Jean 8,43)

2e dimanche de l’Avent 7 décembre 2025

(Isaïe 11,1-10)   (Rom.15,4-9)  (Mt.3,1-12)

Tout le monde attendait le Messie. Deux ou trois faux messies étaient déjà apparus, mais leur supercherie avait été rapidement dévoilée. Jean Baptiste surgit, il annonce l’imminence de la venue du Messie. Lui faisait sérieux. Son apparence et son comportement étaient ceux d’un vrai prophète :  Il portait un vêtement de poils de chameau et une ceinture autour des reins, ce qui était la tenue habituelle des prophètes, et comme eux, il se nourrissait de miel sauvage et de sauterelles. Et puis, lui ne prétendait pas être le Messie. Aux prêtres et aux lévites venus lui demander : Qui es-tu ? il  répondit clairement Je ne suis pas le Christ, expliquant avec simplicité et humilité : Je suis celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, ….celui qui vient après moi et plus fort que moi, est plus fort que moi, je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Et surtout sa franchise et la vigueur de son enseignement plaisaient à ses auditeurs. Il osait attaquer de front les Pharisiens et les Saducéens qui se prenaient pour des modèles et méprisaient les autres Bande de vipères, repentez-vous…Déjà la cognée est à la racine des arbres ; tout arbre qui ne porte pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Heureux d’entendre J.B. remettre durement en place ceux qui d’ordinaire les méprisaient, ils étaient d’autant mieux disposés à son égard et accueillaient volontiers son message de conversion même s’il était exigeant et sévère.

Son message était clair : Convertissez-vous et même menaçant : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. En d’autres termes : il faut que ça change !

Le changement, c’est exactement ce que demande la conversion.  Ce terme de conversion vient du grec métanoïa qui signifie très exactement changement de mentalité et retour vers Dieu. Se convertir, c’est ordonner sa vie selon Dieu. Pour cela il  faut commencer par faire pénitence, c’est-à-dire lutter contre le péché jusqu’à le vaincre si possible, (cela est à notre portée,) mais le but de celui qui se convertit c’est plus que de vaincre le péché, plus que de faire pénitence, c’est de changer de conduite pour rejoindre Dieu. Or rejoindre Dieu n’est pas à notre portée, par nous-mêmes tout seuls nous ne pouvons pas rejoindre Dieu ; il faut que lui s’approche de nous, et c’est ce qu’il fait. Par conséquent la conversion, c’est un changement de conduite, fruit d’un effort de l’homme pour lutter contre le péché auquel  se joint l’action de la grâce qui lui permet de rejoindre Dieu et de vivre désormais en communion avec lui.

Pourquoi J.B. demande-t-il à ses auditeurs et surtout aux pharisiens et aux saducéens de se convertir ? Surtout parce qu’ils sont d’un orgueil insupportable. Alors que devant Dieu, nous sommes tous pécheurs, ils croient que leur observance pointilleuse  de la Loi  fait d’eux des justes.  Dieu, ils croient pouvoir traiter avec lui d’égal à égal ou presque. Ils pensent que Dieu leur doit quelque chose en retour de leurs pratiques et ceux qui ne pensent pas comme eux, ils les méprisent, se jugeant bien supérieurs. Voilà pourquoi J.B. et Jésus sont si sévères avec eux et leur demandent de se convertir.

Et pour cel a, il les invite à faire le geste de se plonger dans l’eau du Jourdain, exprimant par là symboliquement leur désir d’être purifiés de leurs fautes. C’est ce qu’on appelle le baptême de Jean qui n’a rien à voir avec le sacrement de baptême qui nous communique la vie de Dieu. A l’époque de J.B. les sacrements n’existaient pas encore. Le baptême de Jean est une simple démarche de pénitence en vue d’obtenir le pardon des péchés. Et J.B. explique clairement moi, je vous baptise dans l’ eau en vue de la conversion. Celui qui vient après moi, le Messie, vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Ce baptême là sera à l’origine du sacrement de baptême qui est un engagement en vue d’être fait enfant de Dieu.

Pour nous aujourd’hui, quel est le message de cet évangile ? Le même que celui que Jean adresse à ses auditeurs : Convertissez vous, car le Royaume de Dieu est tout proche. Concrètement quelle conversion faire ? Il y a toujours en nous une l’une ou l’autre mauvaise habitude,  de la colère ou de l’impatience dont il faudrait se séparer etc. mais peut-être avons-nous tous à faire une conversion plus profonde, plus fondamentale, concernant ce qui nous empêche d’accueillir le Seigneur et d’avancer au long des jours avec lui ? Il me semble que souvent, note vie est divisée en deux : d’un côté notre travail et nos diverses occupations, où nous essayons de nous débrouiller intelligemment, honnêtement, sans faire de tort à personne, mais là   on n’a pas le temps de penser à Dieu  on est éloigné voire même coupé de lui,  et puis d’un autre côté un  peu de prière de temps en temps et la messe du dimanche 

Mais pourquoi faire comme si le travail et nos activités de toutes sortes étaient nécessairement une agitation profane qui nous éloigne ou nous coupe de Dieu ? C’est vrai qu’ils peuvent nous séparer de Dieu, notamment quand nous nous laissons abrutir par le rythme frénétique du monde moderne. Mais normalement le travail et nos occupations de toute sortes sont une manière différente de la prière mais tout aussi vraie de nous unir à Dieu. Lorsque je suis occupé à la gestion de mon foyer, à la préparation d’un repas, lorsque je suis au bureau ou au volant de ma voiture, le travail que je fais n’est pas une agitation profane qui me couperait de Dieu, je suis en train de remplir  une tâche que Dieu m’a confiée, de répondre à la vocation à laquelle il m’a appelé en me confiant la responsabilité d’une famille. Loin de nous éloigner ou de nous couper de Dieu, le travail et les occupations de toutes sortes qui remplissent nos journées sont un moyen, autre que la prière, mais tout aussi authentique de nous maintenir en communion avec le Seigneur. Tant que nous n’aurons pas compris cela nous resterons des chrétiens maladroits dont le Dieu n’est qu’un Dieu genre roue-de-secours, auquel on ne fait appel qu’en cas de crevaison. Il s’agit de nous convertir et de passer à un Dieu genre GPS  qui guide et inspire l’ensemble de notre vie et qu’on ne perd pas de vue un seul instant jusqu’à ce qu’on soit arrivé à destination.

Que retenir de tout cela ?

Le message que nous donne l’évangile d’aujourd’hui est clair : Convertissez vous ! se convertir du grec métanoein c’est changer sa manière de vivre et revenir vers Dieu. Pour nous, en ce temps de préparation à Noël, nous convertir c’est cha nger tout ce qui nous empêche d’accueillir le Seigneur et de marcher avec lui au long de chacune de nos journées . Outre telle ou telle conversion secondaire, portant sur un défaut personnel que chacun doit choisir de faire, il y a un changement beaucoup plus important que tous nous devons faire, c’est de ne pas couper notre vie en deux avec d’un côté notre travail et nos diverses occupations  qui seraient de l’ordre du profane, coupé de Dieu, et puis de l’autre côté quelques prières et la messe du dimanche. Car c’est dans notre  travail et nos occupations quotidiennes que s’accomplit la volonté de Dieu,  c’est là que se réalise la vocation à laquelle chacun est appelé. C’est là un moyen, autre que la prière mais tout aussi authentique, de nous  mettre en communion avec Dieu. Si notre Dieu est encore un  Dieu roue de secours qui n’intervient qu’en cas de crevaison, il est temps de passer à un Dieu GPS qui guide et inspire toute notre vie qu’on ne perd jamais de vue tant qu’on n’est pas arrivé au bout.

1er  Dimanche  de  l’Avent  30 Novembre  2025

(Isaïe 2,1-5)  (Rom.13,11-14a)  (Mt.24, 37-44)

Nous entrons aujourd’hui dans le temps de l’Avent, qui précède la fête de Noël Les textes liturgiques des quatre dimanches de l’Avent nous invitent à nous préparer à l’avènement du Seigneur. Mais on ne voit pas très bien de quel avènement il s’agit. De l’avènement  du Seigneur à la fin des temps ? de son avènement à Noël ? ou encore de son avènement  parmi nous chaque jour , puisqu’il nous a bien dit : je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20)

 Aujourd’hui la première lecture et surtout  l’évangile nous parlent plutôt de l’avènement du Seigneur à la fin des temps. Le Christ nous recommande vivement d’être prêts pour cette venue  car c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra.  Mais très probablement, cette venue là, ce n’est pas pour tout de suite. Aussi, je vous propose de la laisser de côté, pour  nous concentrer sur la venue du Seigneur à Noël et sur sa présence chaque jour au milieu de nous.

Comment nous préparer à Noël ? Presque toujours on dit que Noël, c’est la célébration de la venue parmi nous de Dieu qui se fait homme. C’est vrai, mais c’est incomplet. Il ne faut pas laisser de côté la conséquence très importante de cette venue : A ceux qui l’ont reçu… il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu nous dit St Jean (Jean1,12). Il est donc plus exact de parler de Noël comme St  Irénée qui disait : à Noël, Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu  A Bethléem, ce jour-là, dans l’extrême discrétion de la naissance d’un petit enfant dans une grotte, à l’écart du village, c’est un énorme rebondissement qui s’est produit dans l’histoire de l’humanité. Jusque-là, l’homme, créé à l’image de Dieu, était encore comme en face de lui. Il y avait une certaine distance entre l’homme et Dieu. Désormais Dieu entre dans l’humanité.  En  Jésus vrai Dieu et vrai homme, il n’y a plus de distance entre lui et les hommes,  et ceux qui reçoivent le baptême, vivent désormais de la vie même de Dieu. Comme nous le disions il y a quelques années encore, à l’offertoire de la messe : Dieu qui avez créé l’homme d’unemanière admirable (en le créant à votre image au début du monde) vous l’avez restauré d’une manière plus admirable encore (en l’unissant à votre divinité par votre incarnation à Noël). Aujourd’hui, à l’offertoire nous disons plus clairement encore : Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions nos être unis à la divinité de celui qui a voulu prendre part à notre humanité.

Mais à Noël, il s’est produit un énorme scandale : il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. (Jean 1,10), ils ne l’ont pas reconnu. Seuls quelques bergers l’ont accueilli, des gens assez mal vus d’ailleurs, on les accusait de profiter de leurs déplacements pour voler des poules dans les villages qu’ils traversaient. Nous aimerions que cette année, cela se passe mieux. Mais les choses en se présentent pas tellement bien. On parle énormément de Noël, des vacances de Noël, des fêtes de Noël, du réveillon de Noël, des cadeaux de Noël, mais pas tellement de la venue du Sauveur. On peut voir partout des représentations du Père Noël, mais on ne voit guère de représentations de la crèche de Noël. Le Seigneur est le grand absent de cette fête de Noël devenue une fête profane, pour ne pas dire profanée.

que devions-nous faire aujourd’hui pour   accueillir le Seigneur afin qu’il rentre vraiment dans nos cœurs comme dans  nos familles ? Ainsi que l’évangile d’aujourd’hui nous y invite, tâchons d’être plus attentifs à sa venue au milieu de nous chaque jour. Pourquoi attendre le 25 Décembre pour chercher la présence du Seigneur ? Le jour où il est remonté vers le Père il en a assuré ses apôtres : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20) Comment est-il présent parmi nous chaque jour ? Certes nous ne le voyons pas de nos yeux, mais son Esprit est là qui nous guide vers la vérité tout entière (Jean 14,16). C’est lui qui nous fait comprendre l’évangile quand nous le lisons, quand nous prions, quand quelque chose nous touche en écoutant une homélie. C’est lui qui nous montre la présence du Créateur à travers la nature qui nous entoure, la pluie qui arrose notre terre, le soleil qui nous éclaire, C’est lui qui nous fait comprendre que les prodiges réalisés par les sciences et les techniques des hommes sont des reflets de  l’intelligence que Dieu leur a donnée ! Et surtout l’Esprit Saint nous fait voir la présence de Dieu à travers le bien qui se fait dans le monde, quels que soient le mal et le péché qui le salissent, car il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Chaque fois que quelqu’un quelque part dans le monde dit ou fait quelque chose de bien, le Seigneur est là qui agit. A l’approche de Noël, plus que jamais, soyons attentifs à le voir,  à le remercier de sa présence et de son action au milieu de nous. La présence réelle, elle n’est pas seulement dans le tabernacle fermé à clef ! Elle est aussi dans toute action bonne qui se fait dans le monde. Il y a 2.000 ans il est venu parmi les siens et les siens ne l’ont pas reconnu. Pourvu que ce ne soit pas la même chose aujourd’hui…. Qui d’entre nous sait le nombre d’associations style secours Catholique, restos du cœur, accueil des migrants qui existent qui existent autour de nous ? Qui d’entre nous pense quelquefois à faire une litanie d’action de grâce pour le dévouement des personnels soignants dans les hôpitaux, les cliniques, les maisons de retraite ? Qui d’entre nous pense quelquefois à louer Dieu pour toute la délicatesse et l’amour qui se vivent chaque jour dans les familles ? Serions-nous encore ce peuple, Jésus en parlait avec tristesse dont le cœur s’est endurci, ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux pour ne pas voir de leurs yeux, entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur cœur. (Mt.13,15)

Que retenir de tout cela ?

Que pouvons nous faire pour mieux préparer la venue du Seigneur à Noël ? Peut-être tout simplement nous efforcer de mieux repérer son passage chaque jour dans nos vies, chaque fois qu’il nous fait dire ou faire quelque chose de bien. Ne soyons pas de ceux dont l’Ecriture dit avec tristesse : Ils ont des yeux mais ne voient pas. (Ez.12,2), mais demandons à Notre Dame de nous aider à bien voir et à bien accueillir son fils présent au milieu de nous. Si vous voulez, reprenons ensemble le refrain de ce beau chant à Notre Dame 

« Chercher avec toi, dans nos vies, les pas de Dieu, Vierge Marie

Par toi, accueillir en nos vies le don de Dieu, Vierge Marie »