2e dimanche de l’Avent 7 décembre 2025

(Isaïe 11,1-10)   (Rom.15,4-9)  (Mt.3,1-12)

Tout le monde attendait le Messie. Deux ou trois faux messies étaient déjà apparus, mais leur supercherie avait été rapidement dévoilée. Jean Baptiste surgit, il annonce l’imminence de la venue du Messie. Lui faisait sérieux. Son apparence et son comportement étaient ceux d’un vrai prophète :  Il portait un vêtement de poils de chameau et une ceinture autour des reins, ce qui était la tenue habituelle des prophètes, et comme eux, il se nourrissait de miel sauvage et de sauterelles. Et puis, lui ne prétendait pas être le Messie. Aux prêtres et aux lévites venus lui demander : Qui es-tu ? il  répondit clairement Je ne suis pas le Christ, expliquant avec simplicité et humilité : Je suis celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, ….celui qui vient après moi et plus fort que moi, est plus fort que moi, je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Et surtout sa franchise et la vigueur de son enseignement plaisaient à ses auditeurs. Il osait attaquer de front les Pharisiens et les Saducéens qui se prenaient pour des modèles et méprisaient les autres Bande de vipères, repentez-vous…Déjà la cognée est à la racine des arbres ; tout arbre qui ne porte pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Heureux d’entendre J.B. remettre durement en place ceux qui d’ordinaire les méprisaient, ils étaient d’autant mieux disposés à son égard et accueillaient volontiers son message de conversion même s’il était exigeant et sévère.

Son message était clair : Convertissez-vous et même menaçant : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. En d’autres termes : il faut que ça change !

Le changement, c’est exactement ce que demande la conversion.  Ce terme de conversion vient du grec métanoïa qui signifie très exactement changement de mentalité et retour vers Dieu. Se convertir, c’est ordonner sa vie selon Dieu. Pour cela il  faut commencer par faire pénitence, c’est-à-dire lutter contre le péché jusqu’à le vaincre si possible, (cela est à notre portée,) mais le but de celui qui se convertit c’est plus que de vaincre le péché, plus que de faire pénitence, c’est de changer de conduite pour rejoindre Dieu. Or rejoindre Dieu n’est pas à notre portée, par nous-mêmes tout seuls nous ne pouvons pas rejoindre Dieu ; il faut que lui s’approche de nous, et c’est ce qu’il fait. Par conséquent la conversion, c’est un changement de conduite, fruit d’un effort de l’homme pour lutter contre le péché auquel  se joint l’action de la grâce qui lui permet de rejoindre Dieu et de vivre désormais en communion avec lui.

Pourquoi J.B. demande-t-il à ses auditeurs et surtout aux pharisiens et aux saducéens de se convertir ? Surtout parce qu’ils sont d’un orgueil insupportable. Alors que devant Dieu, nous sommes tous pécheurs, ils croient que leur observance pointilleuse  de la Loi  fait d’eux des justes.  Dieu, ils croient pouvoir traiter avec lui d’égal à égal ou presque. Ils pensent que Dieu leur doit quelque chose en retour de leurs pratiques et ceux qui ne pensent pas comme eux, ils les méprisent, se jugeant bien supérieurs. Voilà pourquoi J.B. et Jésus sont si sévères avec eux et leur demandent de se convertir.

Et pour cel a, il les invite à faire le geste de se plonger dans l’eau du Jourdain, exprimant par là symboliquement leur désir d’être purifiés de leurs fautes. C’est ce qu’on appelle le baptême de Jean qui n’a rien à voir avec le sacrement de baptême qui nous communique la vie de Dieu. A l’époque de J.B. les sacrements n’existaient pas encore. Le baptême de Jean est une simple démarche de pénitence en vue d’obtenir le pardon des péchés. Et J.B. explique clairement moi, je vous baptise dans l’ eau en vue de la conversion. Celui qui vient après moi, le Messie, vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Ce baptême là sera à l’origine du sacrement de baptême qui est un engagement en vue d’être fait enfant de Dieu.

Pour nous aujourd’hui, quel est le message de cet évangile ? Le même que celui que Jean adresse à ses auditeurs : Convertissez vous, car le Royaume de Dieu est tout proche. Concrètement quelle conversion faire ? Il y a toujours en nous une l’une ou l’autre mauvaise habitude,  de la colère ou de l’impatience dont il faudrait se séparer etc. mais peut-être avons-nous tous à faire une conversion plus profonde, plus fondamentale, concernant ce qui nous empêche d’accueillir le Seigneur et d’avancer au long des jours avec lui ? Il me semble que souvent, note vie est divisée en deux : d’un côté notre travail et nos diverses occupations, où nous essayons de nous débrouiller intelligemment, honnêtement, sans faire de tort à personne, mais là   on n’a pas le temps de penser à Dieu  on est éloigné voire même coupé de lui,  et puis d’un autre côté un  peu de prière de temps en temps et la messe du dimanche 

Mais pourquoi faire comme si le travail et nos activités de toutes sortes étaient nécessairement une agitation profane qui nous éloigne ou nous coupe de Dieu ? C’est vrai qu’ils peuvent nous séparer de Dieu, notamment quand nous nous laissons abrutir par le rythme frénétique du monde moderne. Mais normalement le travail et nos occupations de toute sortes sont une manière différente de la prière mais tout aussi vraie de nous unir à Dieu. Lorsque je suis occupé à la gestion de mon foyer, à la préparation d’un repas, lorsque je suis au bureau ou au volant de ma voiture, le travail que je fais n’est pas une agitation profane qui me couperait de Dieu, je suis en train de remplir  une tâche que Dieu m’a confiée, de répondre à la vocation à laquelle il m’a appelé en me confiant la responsabilité d’une famille. Loin de nous éloigner ou de nous couper de Dieu, le travail et les occupations de toutes sortes qui remplissent nos journées sont un moyen, autre que la prière, mais tout aussi authentique de nous maintenir en communion avec le Seigneur. Tant que nous n’aurons pas compris cela nous resterons des chrétiens maladroits dont le Dieu n’est qu’un Dieu genre roue-de-secours, auquel on ne fait appel qu’en cas de crevaison. Il s’agit de nous convertir et de passer à un Dieu genre GPS  qui guide et inspire l’ensemble de notre vie et qu’on ne perd pas de vue un seul instant jusqu’à ce qu’on soit arrivé à destination.

Que retenir de tout cela ?

Le message que nous donne l’évangile d’aujourd’hui est clair : Convertissez vous ! se convertir du grec métanoein c’est changer sa manière de vivre et revenir vers Dieu. Pour nous, en ce temps de préparation à Noël, nous convertir c’est cha nger tout ce qui nous empêche d’accueillir le Seigneur et de marcher avec lui au long de chacune de nos journées . Outre telle ou telle conversion secondaire, portant sur un défaut personnel que chacun doit choisir de faire, il y a un changement beaucoup plus important que tous nous devons faire, c’est de ne pas couper notre vie en deux avec d’un côté notre travail et nos diverses occupations  qui seraient de l’ordre du profane, coupé de Dieu, et puis de l’autre côté quelques prières et la messe du dimanche. Car c’est dans notre  travail et nos occupations quotidiennes que s’accomplit la volonté de Dieu,  c’est là que se réalise la vocation à laquelle chacun est appelé. C’est là un moyen, autre que la prière mais tout aussi authentique, de nous  mettre en communion avec Dieu. Si notre Dieu est encore un  Dieu roue de secours qui n’intervient qu’en cas de crevaison, il est temps de passer à un Dieu GPS qui guide et inspire toute notre vie qu’on ne perd jamais de vue tant qu’on n’est pas arrivé au bout.

1 réflexion sur “2e dimanche de l’Avent 7 décembre 2025”

  1. Merci pour cette homélie qui me fait comprendre que rien n’est profane ,que mon travail m’ unit à Dieu.
    je dois me corriger de mon péché de paresse quand je laisse le désordre s’installer chez moi et ,après , je dois prendre un nouveau départ ,je dois me convertir, changer en demandant à Dieu, à l’Esprit Saint, d’être mon GPS !

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