(Isaïe 2,1-5) (Rom.13,11-14a) (Mt.24, 37-44)
Nous entrons aujourd’hui dans le temps de l’Avent, qui précède la fête de Noël Les textes liturgiques des quatre dimanches de l’Avent nous invitent à nous préparer à l’avènement du Seigneur. Mais on ne voit pas très bien de quel avènement il s’agit. De l’avènement du Seigneur à la fin des temps ? de son avènement à Noël ? ou encore de son avènement parmi nous chaque jour , puisqu’il nous a bien dit : je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20)
Aujourd’hui la première lecture et surtout l’évangile nous parlent plutôt de l’avènement du Seigneur à la fin des temps. Le Christ nous recommande vivement d’être prêts pour cette venue car c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra. Mais très probablement, cette venue là, ce n’est pas pour tout de suite. Aussi, je vous propose de la laisser de côté, pour nous concentrer sur la venue du Seigneur à Noël et sur sa présence chaque jour au milieu de nous.
Comment nous préparer à Noël ? Presque toujours on dit que Noël, c’est la célébration de la venue parmi nous de Dieu qui se fait homme. C’est vrai, mais c’est incomplet. Il ne faut pas laisser de côté la conséquence très importante de cette venue : A ceux qui l’ont reçu… il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu nous dit St Jean (Jean1,12). Il est donc plus exact de parler de Noël comme St Irénée qui disait : à Noël, Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu A Bethléem, ce jour-là, dans l’extrême discrétion de la naissance d’un petit enfant dans une grotte, à l’écart du village, c’est un énorme rebondissement qui s’est produit dans l’histoire de l’humanité. Jusque-là, l’homme, créé à l’image de Dieu, était encore comme en face de lui. Il y avait une certaine distance entre l’homme et Dieu. Désormais Dieu entre dans l’humanité. En Jésus vrai Dieu et vrai homme, il n’y a plus de distance entre lui et les hommes, et ceux qui reçoivent le baptême, vivent désormais de la vie même de Dieu. Comme nous le disions il y a quelques années encore, à l’offertoire de la messe : Dieu qui avez créé l’homme d’unemanière admirable (en le créant à votre image au début du monde) vous l’avez restauré d’une manière plus admirable encore (en l’unissant à votre divinité par votre incarnation à Noël). Aujourd’hui, à l’offertoire nous disons plus clairement encore : Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions nos être unis à la divinité de celui qui a voulu prendre part à notre humanité.
Mais à Noël, il s’est produit un énorme scandale : il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. (Jean 1,10), ils ne l’ont pas reconnu. Seuls quelques bergers l’ont accueilli, des gens assez mal vus d’ailleurs, on les accusait de profiter de leurs déplacements pour voler des poules dans les villages qu’ils traversaient. Nous aimerions que cette année, cela se passe mieux. Mais les choses en se présentent pas tellement bien. On parle énormément de Noël, des vacances de Noël, des fêtes de Noël, du réveillon de Noël, des cadeaux de Noël, mais pas tellement de la venue du Sauveur. On peut voir partout des représentations du Père Noël, mais on ne voit guère de représentations de la crèche de Noël. Le Seigneur est le grand absent de cette fête de Noël devenue une fête profane, pour ne pas dire profanée.
que devions-nous faire aujourd’hui pour accueillir le Seigneur afin qu’il rentre vraiment dans nos cœurs comme dans nos familles ? Ainsi que l’évangile d’aujourd’hui nous y invite, tâchons d’être plus attentifs à sa venue au milieu de nous chaque jour. Pourquoi attendre le 25 Décembre pour chercher la présence du Seigneur ? Le jour où il est remonté vers le Père il en a assuré ses apôtres : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20) Comment est-il présent parmi nous chaque jour ? Certes nous ne le voyons pas de nos yeux, mais son Esprit est là qui nous guide vers la vérité tout entière (Jean 14,16). C’est lui qui nous fait comprendre l’évangile quand nous le lisons, quand nous prions, quand quelque chose nous touche en écoutant une homélie. C’est lui qui nous montre la présence du Créateur à travers la nature qui nous entoure, la pluie qui arrose notre terre, le soleil qui nous éclaire, C’est lui qui nous fait comprendre que les prodiges réalisés par les sciences et les techniques des hommes sont des reflets de l’intelligence que Dieu leur a donnée ! Et surtout l’Esprit Saint nous fait voir la présence de Dieu à travers le bien qui se fait dans le monde, quels que soient le mal et le péché qui le salissent, car il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Chaque fois que quelqu’un quelque part dans le monde dit ou fait quelque chose de bien, le Seigneur est là qui agit. A l’approche de Noël, plus que jamais, soyons attentifs à le voir, à le remercier de sa présence et de son action au milieu de nous. La présence réelle, elle n’est pas seulement dans le tabernacle fermé à clef ! Elle est aussi dans toute action bonne qui se fait dans le monde. Il y a 2.000 ans il est venu parmi les siens et les siens ne l’ont pas reconnu. Pourvu que ce ne soit pas la même chose aujourd’hui…. Qui d’entre nous sait le nombre d’associations style secours Catholique, restos du cœur, accueil des migrants qui existent qui existent autour de nous ? Qui d’entre nous pense quelquefois à faire une litanie d’action de grâce pour le dévouement des personnels soignants dans les hôpitaux, les cliniques, les maisons de retraite ? Qui d’entre nous pense quelquefois à louer Dieu pour toute la délicatesse et l’amour qui se vivent chaque jour dans les familles ? Serions-nous encore ce peuple, Jésus en parlait avec tristesse dont le cœur s’est endurci, ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux pour ne pas voir de leurs yeux, entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur cœur. (Mt.13,15)
Que retenir de tout cela ?
Que pouvons nous faire pour mieux préparer la venue du Seigneur à Noël ? Peut-être tout simplement nous efforcer de mieux repérer son passage chaque jour dans nos vies, chaque fois qu’il nous fait dire ou faire quelque chose de bien. Ne soyons pas de ceux dont l’Ecriture dit avec tristesse : Ils ont des yeux mais ne voient pas. (Ez.12,2), mais demandons à Notre Dame de nous aider à bien voir et à bien accueillir son fils présent au milieu de nous. Si vous voulez, reprenons ensemble le refrain de ce beau chant à Notre Dame
« Chercher avec toi, dans nos vies, les pas de Dieu, Vierge Marie
Par toi, accueillir en nos vies le don de Dieu, Vierge Marie »