Dimanche 22 juin Saint Sacrement

(Gen.14,18-22) (1 Cor.11,23-26) (Luc 9,11b-26)

Le Saint Sacrement qu’on appelle aussi sacrement de l’Eucharistie est un sacrement par lequel le Christ nous donne en nourriture son corps livré et son sang versé pour nous. Le soir du Jeudi Saint, faisant ses adieux à ses apôtres, avant d’entrer dans sa Passion, le Seigneur a voulu nous laisser un moyen d’entretenir la vie nouvelle que le baptême introduit en nous. Il a donc inventé un sacrement qui serait la nourriture absolument nécessaire pour entretenir cette vie nouvelle, car, nous dit-il : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. (Jean 6,53)

Mais quand il nous dit : il faut vous nourrir de moi pour avoir la vie, de quel moi et de quelle vie s’agit-il ? Il s’agit du moi livré pour vous. Quand nous recevons la communion, nous ne recevons pas le petit Jésus de Bethléem, ni le Christ prêchant l’évangile ou faisant des miracles, nous recevons le Christ qui donne sa vie pour nous. La vie que nous recevons c’est la vie du Christ qui donne sa vie. En d’autres termes, la vie que le Christ veut nous donner, la vie dont il veut que nous vivions, c’est une vie qui se donne par amour pour les autres. Pour un chrétien, donner sa vie, ce n’est pas quelque chose de facultatif, ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire ou ne pas faire, comme de dire son chapelet ou de faire une neuvaine, c’est quelque chose d’indispensable, de nécessaire, d’essentiel. St. Jean le dira dans sa première épitre : Lui, Jésus a donné sa vie pour nous ; nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères ; (1 Jean, 3,10)

Mais donner sa vie pour ses frères comme le Christ, ça veut dire quoi ? Est-ce que ça veut dire mourir crucifié comme lui ? Non, évidemment. Cela veut dire les aimer, donc faire tout ce qu’on peut pour qu’ils soient épanouis, heureux. Cela va demander des efforts, de la peine, des sacrifices, bien sûr. Mais ne dramatisons pas, ce n’est pas un martyre pour autant. Il ne viendrait à l’idée de personne de dire qu’une maman qui se consacre à son enfant toute la journée mène une existence de martyr ! Loin de là ! Son enfant lui cause bien des tracas. Elle se donne du mal pour lui, mais pour rien au monde elle ne voudrait en être débarrassée ! C’est le miracle de l’amour : Quand on aime, il n’y a pas de peine ; et s’il y a de la peine, c’est une peine qu’on aime.
                                     Encore faut-il aimer d’amour. Car on peut aimer des personnes sans qu’il y ait d’amour à proprement parler. Elles nous plaisent. On aime leurs qualités, leurs talents, leur caractère, On éprouve des sentiments pour eux, voire une réelle affection. On dira qu’on les aime bien. Mais ce n’est pas vraiment de l’amour. Qu’est-ce qu’il faut pour qu’il y ait amour ? Il faut que l’attirance que j’ai pour la personne que j’aime soit tellement forte que je mets cette personne au-dessus de moi, je la fais passer avant moi. Or ceci est contraire à la psychologie humaine la plus élémentaire. Regardez un bébé dans son berceau ; il essaie d’attraper tout ce qui passe à portée de ses mains, même son pied, et le porte à sa bouche. Par nous-mêmes, étant donnée notre psychologie, par nature, nous sommes centrés sur nous-mêmes, incapables de mettre quelqu’un au-dessus de nous, de le faire passer avant nous, de l’aimer d’amour. Autrement dit l’amour n’est


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pas un sentiment humain. Pourtant nous arrivons à aimer d’amour. Partout, dans le monde, des couples s’aiment d’amour, des parents et des enfants s’aiment d’amour. Il faut donc que l’amour que nous avons dans le cœur vienne d’ailleurs, d’au-dessus de nous. Dieu qui est amour, qui est la seule source d’amour dans le monde, lui seul peut nous le donner.  Comme il nous a créés à son image, nous sommes capables de recevoir cet amour Mais comme par nature, nous sommes centrés sur nous-mêmes, il v falloir résister aux assauts de l’égoïsme. Comment faire pour nous maintenir au niveau de l’amour et ne pas retomber dans l’égoïsme ? Là encore, seul Dieu qui est seule source d’amour peut nous donner la force, la nourriture qui nous permettra de résister à la tentation de nous replier sur nous-mêmes. Il nous donne cette force, cette nourriture dans le sacrement de l’Eucharistie et il est absolument nécessaire que nous prenions cette nourriture, sinon la vie divine reçue au baptême va dépérir et mourir en nous. Il nous a bien prévenu : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. (Jean 6,53)

Que retenir de tout cela ?

Le Saint Sacrement ou Sacrement de l’Eucharistie  est un sacrement par lequel nous recevons Christ en train de se donner, pas le Christ enfant, le Christ menuisier à Nazareth ou le Christ annonçant l’évangile à travers la Palestine, nous recevons le Christ qui donne sa vie pour nous.

                                                        Pourquoi le Christ a-t-il inventé ce sacrement ? Pour nous donner une nourriture qui nous procure la force dont nous avons besoin pour donner, comme lui, notre vie tous les jours dans le service des autres. Car, même si par le baptême nous avons reçu la vie de Dieu-Amour,  cette vie reste menacée par notre nature pécheresse. Nous avons donc besoin d’une force, d’une nourriture qui entretienne dans toute sa vigueur cette vie  et nous permette de résister aux tentations de l’égoïsme et du repli sur soi. Voilà  pourquoi le Christ a inventé le sacrement de l’Eucharistie et il a tenu à préciser Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, vous n’aurez pas la vie en vous.(Jean 6,53) Comparant  le baptême à une naissance, on pourrait dire : de même que le nouveau-né a absolument besoin de nourriture pour développer la vie reçue à sa naissance, de même, le Chrétien a absolument besoin du Pain de Vie pour développer la vie nouvelle reçue le jour de son baptême

En insistant pour que nous ayons recours à ce sacrement sous peine de ne plus vivre de sa vie, le Christ nous fait comprendre que donner sa vie dans le service des autres , ce n’est pas quelque chose que le chrétien pourrait faire ou ne pas faire, c’est quelque chose d’essentiel sous peine de ne plus être chrétien


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