Dimanche 16 novembre 2025

(Malachie 3,19-20a) (2 Thess.3,7-12) (Luc 21,5-19)

Jésus et ses apôtres admirent le Temple. Sa restauration, commencée vers les années 19-20, vient d’être achevée. Il est comme neuf. Ce Temple n’est pas une sorte de grande cathédrale, c’est un quadrilatère de 500m sur 400m environ comprenant autour de l’autel des sacrifices dressé en plein air, le Saint des Saints, l’Arche d’Alliance, le temple de Salomon et différents parvis, le tout encerclé de hautes murailles. Devant cet édifice impressionnant, les apôtres ressentent un vif sentiment de sécurité et de puissance. Dieu est là. L’Arche d’Alliance est le symbole de sa présence au milieu d’eux. Le Seigneur a fait alliance avec leur ancêtre Abraham. Il ne peut rien leur arriver. Ils sont le peuple de Dieu. Mais le Seigneur refroidit leur enthousiasme en leur révélant que de jour viendront où il ne restera rien de la magnifique construction qu’ils ont sous les yeux : Tout sera détruit. A quoi le Seigneur fait-il allusion ? Peut-être à la destruction de Jérusalem par les Romains qui aura lieu en 70. Mais il fait surtout allusion aux bouleversements qui marqueront son retour à la fin des temps. Inquiets, les apôtres lui demandent :Quand cela arrivera-t-il ? Le Christ ne répond pas à la question des apôtres. Sa réponse porte sur COMMENT se préparer à ce jour-là.D’abord, il les met en garde contre de fausses annonces d’un retour prochain du Seigneur :Beaucoup viendront et diront : c’est moi ou le moment est proche. Ne marchez pas derrière eux. De fait, dans les premiers temps de l’Eglise, tout de suite après la Pentecôte, certains chrétiens croyant le retour du Seigneur imminent, vont cesser de travailler et mener une existence désordonnée, d’où les remontrances de St Paul, que nous avons entendues dans la 2° lecture et par lesquelles il exhorte les croyants à travailler dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné.Ensuite le Seigneur annonce une série de malheurs : guerres, famines, épidémies, tremblements de terre qui accompagneront son retour lequel sera précédé de persécutions contre les croyants. Mais en même temps le Seigneur rassure : Vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer…Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Il va même jusqu’à dire : Quand ces évènements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est proche. (Luc 21,28)Ce qui veut dire que, pour les justes, le dernier jour sera un jour de triomphe. D’ailleurs dans la première lecture, nous avons entendu Malachie présenter le jour du Seigneur comme un jour de jugement entraînant la ruine de ceux qui commettent l’impiété, mais en même temps comme un jour de triomphe pour les justes : Pour vous, qui craignez mon nom, le soleil de justice se lèvera, il apportera la guérison dans son rayonnement.En d’autres termes, cet évangile nous fait savoir deux choses ; d’abord que le monde présent, un jour viendra où il n’en restera rien ; ensuite que le retour du Seigneur sera pour les impies la ruine mais pour les justes l’heure de la délivrance dans un monde nouveau. Il est donc inexact de parler de la fin du monde comme si, après, il n’y avait plus rien. Il serait plus exact de parler de la fin d’un monde qui marque l’avènement d’un monde nouveau délivré du mal, du péché et de la mort.Faut-il vraiment se préparer au retour du Seigneur à la fin des temps ? Ce n’est peut-être pas tellement urgent. Très probablement, la fin des temps, ce n’est pas pour tout de suite. Par contre, la fin de mon temps, l’heure de ma mort, c’est sûrement plus urgent. Je ne suis pas sûr et personne n’est sûr d’être encore là demain ! Alors, quoi faire ? Pas question d’être angoissé. Ce serait insultant envers le Seigneur. Lui qui a donné sa vie pour nous et dans quelles conditions ! Ce serait insultant de le voir comme un flic en embuscade, cherchant à coincer des délinquants. Ce que veut le Seigneur, c’est que tous les hommes soient sauvés (1 Tim.2,4) Sûrs que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, nous pouvons aller au-devant de lui, sereinement, mais appliqués avec sérieux chaque jour, à accomplir sa volonté. Quoi faire ? Comment faire ? Une phrase de la quatrième prière eucharistique à la messe, nous donne la marche à suivre : Tu as créé l’homme à ton image et tu lui as confié l’univers, afin qu’en te servant, toi son créateur, il règne sur la création. Le Seigneur nous a placés quelque part dans l’univers, il a confié à chacun de nous une tâche à remplir afin de construire un morceau du royaume de justice et de charité là où il l’a placé A chacun, chaque matin, de se remettre devant le Seigneur et de lui demander : Seigneur,aujourd’hui, que veux-tu que je fasse ? Comment veux-tu que je fasse ? Car chacun de nous est appelé à remplir une tâche précise.Dans cette page d’évangile le Seigneur a tout l’air de nous embarquer dans l’évocation du dernier jour auquel il faut se préparer. Mais de quel dernier jour s’agit-il ? Du dernier jour, lorsqu’il reviendra à la fin des temps. ? Ce dernier jour-là, très probablement nous ne le verrons pas, alors ce n’est peut-être pas très urgent de nous en soucier. S’agit-il du dernier de mes jours où je me retrouverai face à face avec le Seigneur ? Ce dernier jour-là il faut m’y préparer. C’est assez urgent. Mais il y a encore un autre dernier jour où il y a une venue du Seigneur, et c’est ce dernier jour là qu’il est le plus urgent de nous occuper, c’est le jour d’aujourd’hui. Car chaque jour, le Seigneur est avec nous ; Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps nous a-t-il affirmé en prenant congé de nous. (Mt.28,20) Et c’est de ce dernier jour-là, le jour d’aujourd’hui, qu’il est le plus urgent de nous occuper puisque c’est dans chacun de ces aujourd’hui que se préparent les autres derniers jours, le dernier de mes jours, le jour de ma mort et le dernier jour celui du retour du Seigneur à la fin des temps.Que retenir de tout cela ?Le Christ a bien raison de ne pas répondre à la question des apôtres : quand est-ce que ce sera le dernier jour ? mais de les renvoyer à comment se préparer à ce jour-là.Pour nous aussi aujourd’hui, ne perdons pas notre temps à nous soucier de savoir quand prendra place le dernier jour, ne perdons pas notre temps non plus à nous préoccuper du jour de notre mort, nous verrons bien quand nous y serons ! mais occupons-nous du jour d’aujourd’hui. Car le Seigneur est là avec nous. Occupons-nous de chercher : maintenant, là, tout de suite, Seigneur, que veux-tu que je fasse maintenant ? Et surtout occupons nous de le faire.

1 réflexion sur “Dimanche 16 novembre 2025”

  1. merci pour cette homélie,
    maintenant ,tout de suite ,je vais demander au Seigneur: « Seigneur que veux-tu que je fasse?
    et je vais écouter la réponse du Seigneur et demander à la Vierge Marie de m’aider à discerner dans mes pensées ce qui vient de moi (qui n’est pas forcément mauvais) ,ce qui vient du démon, et ce qui vient du Seigneur ,c’est-à-dire de l’Esprit Saint.

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